Alors que je préparais un article pour vendredi, j'ai eu une énième remarque sur quelque chose qui me semble absurde. Cela tombe bien, je cherchais de quoi assommer les gens avec mon point de vue. L'absurde m'inspire et m'amuse, profitons-en.
Il s'avère que je passe une bonne partie de mon temps libre à écrire des fictions, seule, ou à plusieurs. Je rappelle la notion de « fiction » (vous comprendrez rapidement pourquoi) : il s'agit d'histoires imaginaires.
Il existe des gens qui ont du mal à différencier un auteur de ses personnages. C'est assez inquiétant. Je vous fais part de deux des remarques les plus surprenantes.
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Tu cautionnes tout ce que tes personnages font.
Non.
Tout de suite, non.
Dire qu'un auteur cautionne tout ce qu'il écrit, c'est dire une grosse bêtise sans y réfléchir. A moins d'écrire un essai, et encore, on ne peut pas écrire que des choses que l'on approuve.
Un écrivain qui fait dans le thriller, par exemple, n'encourage personne à devenir assassin et psychopathe, et, surtout, n'en est pas un. Si je me trompe, arrêtez tout de suite les écrivains. Je suis quasiment sûre qu'ils ont tous écrit un jour sur la mort.
De façon moins... extrême, ce n'est pas parce qu'un de mes personnages aime le café, qu'il faut m'en offrir pour mon anniversaire. Je serais susceptible de faire la gueule parce que, d'une, offrir du café à un anniversaire c'est un peu ridicule, de deux, j'aime pas ça.
Vous pouvez m'offrir du thé d'un célèbre salon de thé parisien, j'adore ça et je commence à ne plus en avoir beaucoup. Thé vert ou blanc de préférence. Merci.
Si un personnage présente une déviance (vis-à-vis des mœurs communément acceptés), son auteur ne le possède pas non plus. Prenons quelqu'un qui écrit beaucoup, et qui, par conséquent, a créé beaucoup de personnages. Cela ferait que cet écrivain possède un important trouble dissociatif de l'identité. En plus de posséder les soucis psychologiques de ses personnages, il faudrait s'inquiéter et lui demander qui il est, au juste, au fond de lui.
Là encore, si je me trompe en vous disant que peut-être qu'un écrivain est un peu timbré, mais il n'en est pas à être une cinquantaine de personnes à la fois, j'invite les gens à organiser une grande campagne de prévention « Les auteurs sont dingues, faites quelque chose ». Des centres spécialisés seraient créés pour mettre en quarantaine les écrivains. Ils ne feraient ainsi plus de mal à la société.
J'exagère, je sais. Mais tant qu'à sombrer dans l'absurde...
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Tu as des personnages hétéros, donc tu es hétéro.
Pour le plaisir, relisez la phrase.
Encore une fois.
En toute honnêteté, à cette remarque, j'ai répondu « Mdr ! » et je suis allée me chercher à boire pour ne pas voir ça (c'était sur un écran, je ne dis pas « Mdr ! » en vrai).
Ainsi, les goûts de mes personnages seraient les mêmes que les miens.
Je suis très perplexe.
Si je prends le quota d'homosexuels, bisexuels, et hétérosexuels, je serais actuellement :
85 % LGBT, 15 % hétéro (oui, LGBT, pas lesbienne, je n'écris pas que sur les femmes qui aiment les femmes). Donc, déjà, question hétérosexualité, mon cas se pose là. Je changerais d'ailleurs un peu tous les jours... ou demi-journées ? Heures ? C'est très instable tout ça.
J'ai amélioré mes stats LGBT durant ces deux ou trois dernières années (ça s'appelle « acceptation de son identité » ), certes.
Remarquons tout de même que ces statistiques n'ont rien à voir avec le quota LGBT réel.
Je me pose, du coup, quelques questions sur ce que les gens peuvent comprendre en lisant un livre. Décrire un goût, une rencontre, une envie, n'implique en rien ce que pense l'auteur, ni ce qu'il a vécu.
On ne peut pas nier le lien entre un écrivain et son sujet. Oui, j'écris davantage sur la communauté LGBT depuis que je m'assume. Oui, si je traite un thème, sans forcément l'accepter, j'en suis au moins curieuse.
Mais de là à faire l'amalgame « Tu écris ça, donc tu es (d'accord avec) ça ! », c'est ridicule.
Bien sûr, cela met de côté l'écriture d'articles sur des blogs, et encore... Comment faire pour dire que l'on n'est pas d'accord avec quelque chose, dans ce cas-là ?
Post-Scriptum : Heureusement, j'écris de la fiction. Mais en gardant cette façon de penser de certains... cela voudrait dire qu'un spécialiste sur Napoléon n'est en fait que Napoléon ressuscité ?